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  • Christophe Baliko

La psychothérapie dans la santé.

Une approche holistique et systémique.



Avec la multiplication des approches thérapeutique, tel que l’hypnose, l’eft, ou les thérapies psycho-corprelles ; la redécouverte des méthodes ancestrales, comme le chamanisme, ou les guérisseurs. Nous assistons à un changement de paradigme dans la prise en charge des personnes avec une maladie longue et grave.

Le modèle matérialiste, du corps objets, fait doucement place à une approche plus globale, holistique. Dans ce changement de schémas de pensée, notam


ment en psychologie de la santé, on retrouve la notion corps-esprit, et l'importance de la prise en charge psychologique et psychothérapeutique du malade.

Il n'est plus à démontrer aujourd'hui l'impact des émotions, pensées et croyances du sujet dans l'origine de la maladie, mais aussi comme levier de guérison.

L'hypnose, l'emdr, la médiation, entre autres, donne aujourd'hui d'excellents résultats dans l'accompagnement de personnes ayant un cancer. Ce suivi, ayant une temporalité propre, voit son efficacité augmenter quand elle commence dès le diagnostic, voire avant.

(voir article le pendule décembre 2021).

Il est important que le sujet puisse aborder la maladie, mais aussi les soins et leurs effets, de manière adéquate. Chaque étape, chaque changement, nécessitant un accompagnement et des outils spécifiques.

On pourra par exemple, à la fois travailler en hypnose, sur les effets du traitement (nausée, pertes d'appétit). Mais aussi sur l'image de soi (perte de cheveux, diminution des capacités physiques), sur le sens (prise de conscience de sa propre mortalité, de la temporalité limitée de la vie), la reconstruction de soi après la maladie.


C'est dans cette dynamique que s'inscrit l'approche systémique. Car s’il est important de prendre soin du malade, il est nécessaire de prendre en compte les besoins de la/des personnes qui aident, que ce soit le conjoint, le parent. Dans un contexte où toute l'attention est focalisée sur le sujet, sur ses besoins, physique, et psychologique. L'aidant à souvent tendance à s'effacer, et à se placer “en position basse”. Tout d'abord, parce que socialement, c'est la place qui lui est dévolue. Mais aussi parce qu'il croit devoir endosser ce rôle, et que ce rôle inclut d'être toujours disponible et efficace (il ne viendrait pas à l'idée de se plaindre de la fatigue, face à quelqu'un de gravement malade). Ce qui présuppose souvent de s'oublier et d'occulter sa propre fatigue, lassitude et une interdiction d’exprimer ses émotions, ou pensées.

Pire encore, on exclut les membres de la famille de thérapie, privant ainsi le malade de ressources précieuses.


S'occuper du parent, pour mieux aider le malade.


Or il est évident que toute cette charge, surtout si elle pèse sur une seule personne, peut vite devenir un fardeau trop lourd à porter. Entre la disponibilité 7 jours sur 7, 24h sur 24 , pour les besoins du quotidien, conduire le patient à ses séances de soins, le rassurer, voir encaisser ses émotions. Et les moments de doutes, de peurs, de colère, passés sous silence pour "protéger" le malade. L'aidant n'a pas d'échappatoire, on lui demande rarement de ses nouvelles, ni comment il fait pour tenir le coup. Il existe bien des groupes de paroles, mais ils sont rarement suffisants, car ils ne donnent pas d'outils, pour prendre soin de soi. Souvent aussi, le conjoint se sent exclu de la thérapie, et ce sentiment d'impuissance, voire d'incompréhension, est insupportable et ajoute à sa peine.

L'intérêt de prendre en charge le système dans son ensemble (famille, couple, enfant,..), permet d'inclure chacun dans le changement, et dans l'évolution de la maladie.

Car la maladie ne modifie pas seulement la vie du patient, mais aussi celle de tout son environnement, qui verra l’organisation du quotidien, complètement modifiée. Le rythme de la vie de famille s'en trouve parfois ralenti, il y a moins de place pour la spontanéité. Les moments de fatigue après un traitement donnent le tempo, pour tous.

Lorsque c’est un parent qui est malade, on a tendance à mettre les enfants de côtés, à cacher, certaines choses pour éviter de les inquiéter, ce qui a exactement l’effet inverse, puisque les enfants sont très conscients de la situation et si on ne les informe pas, ils vont imaginer des scénarii qui peuvent être, beaucoup plus négatif que la réalité et d’autant plus anxiogène.Tenir informés les enfants, c’est aussi leur permettre de se préparer au pire, et d’anticiper un éventuel traumatisme.

Une approche psychothérapeutique systémique, autorise tout un chacun à retrouver sa place dans ce nouveau contexte.

Cela offre, au conjoint par exemple, de comprendre l'approche du thérapeute, qui pourra faire des séances d'hypnose, avec le couple, afin que le mari puisse guider ou vivre les séances d'auto hypnose à la maison. Permettant ainsi à tous, dans ce contexte bouleversé, de retrouver des activités communes, de contribuer à la guérison. La maladie amène une dynamique différente, dans laquelle chacun doit pouvoir retrouver un nouvel équilibre, une place.

En acceptant de s'occuper de lui, l’aidant peut aussi mieux verbaliser ses ressentis, ce qui évite les malentendus et les tensions. Le conjoint ose davantage poser des questions.

Parfois même, c'est le malade qui va, pendant un temps, prendre soin de son accompagnant, ce qui lui redonne un but, une motivation. Il peut ainsi se sentir utile, dans des moments où il pourrait se sentir diminué par la maladie. Exit les tabous, les non-dits.

Cette approche globale, légitime aussi d'aborder ensemble, avec le thérapeute, les décisions parfois difficiles, sur la suite des soins à donner, ou des changements de cadres de vie. Parfois même, le besoin de parler d'une issue fatale. Et comment se préparer à la future absence de l'autre.


Penser global


On l’aura compris, prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin des autres.

Il est important de s'orienter, en plus des outils que nous offre la médecine, vers un accompagnement psychothérapeutique. De se permettre de redevenir un acteur de sa propre guérison, et sortir du statut passif. Se mettre en mouvement, et ensemble, accompagné de ses proches.

L'orientation systémique, offre la possibilité de sortir de la pensée individuelle et de profiter pleinement des ressources du groupe. Le tout étant plus que la sommes des individus, prendre soin du système fait aussi partie du cheminement vers la guérison.

Car prendre soin d’un individu c’est prendre aussi soin du système dans lequel il évolue.


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